Trente ans après l’ouverture de la première formation de santé urbaine à base communautaire (FSU-Com) à Yopougon, le président de la Confédération nationale des FSU-Com de Côte d’Ivoire, Clément Ouattara, s’est félicité de l’expansion et de la diversification des soins offerts, ainsi que du développement de ces structures à travers le pays.
Lors d’une conférence de presse tenue le 20 février 2025 à Yopougon-Ouassakara, M. Ouattara a révélé que le premier centre pilote d’Abidjan-Yopougon Toits Rouges ouvert en 1994 a servi de modèle pour la création de plus de 40 établissements similaires dans toutes les communes du district autonome d’Abidjan.
Ces structures sanitaires de premier contact, véritables hôpitaux privés à but non lucratif, offrent une alternative de soins de qualité à des coûts abordables. Elles fonctionnent 24h/24 et disposent de services de médecine générale, pédiatrie, gynécologie, dentisterie, cardiologie, diabétologie, radiologie, analyses médicales, ORL, pharmacie interne, ainsi que des programmes de vaccination et de planning familial. Certaines possèdent également un bloc opératoire pour les césariennes et autres interventions chirurgicales.
Des chiffres révélateurs de l’impact des FSU-Com
En 2023, le réseau des 40 FSU-Com a accueilli 4.728.933 patients, toutes spécialités confondues, notamment 1.129.326 consultations adultes, 592.153 consultations pédiatriques, 840.817 enfants vaccinés, 561.663 cas de paludisme pris en charge, 104.079 accouchements, soit une moyenne de 283 naissances par jour, 404.804 dépistages VIH réalisés, 215.062 consultations prénatales (CPN), 126.922 patientes en suivi de planning familial.
Un soutien partiel de l’État et des tarifs accessibles
Les FSU-Com bénéficient d’un soutien de l’État sous forme de subventions pour l’eau, l’électricité et l’affectation de certains personnels de santé (médecins, sages-femmes, infirmiers). Ces aides permettent de maintenir des tarifs sociaux, c’est-à-dire 1.000 à 1.500 FCFA pour une consultation en médecine générale, 5.000 FCFA pour les spécialités, tandis que l’accouchement et les soins pour les enfants de moins de cinq ans sont totalement gratuits.
Cependant, Clément Ouattara a souligné des défis persistants, notamment le retard dans le versement des reliquats dûs par l’État au titre de la couverture maladie universelle (CMU), rappelant que « rien n’est véritablement gratuit, chaque soin a un coût supporté par une entité ».
Des perspectives de croissance et d’innovation
La confédération prévoit d’instaurer des prix de distinction pour récompenser les personnes et organisations engagées dans le développement de la santé communautaire, notamment les médias, les bénévoles, les prestataires de soins et les mécènes.
Par ailleurs, l’expansion des FSU-Com ne se limitera plus à Abidjan. Des discussions sont en cours avec les coopératives agricoles de San Pedro, Taï, Tabou, Bondoukou et Bouna pour créer des structures de santé adaptées aux besoins des populations rurales, a révélé le président de la Confédération des FSU-Com.
« Nous travaillons dans la communauté, avec la communauté et pour la communauté. Nous invitons la population à nous fréquenter, que ce soit en cas de maladie ou pour des consultations préventives. La sensibilisation à une bonne hygiène de vie et au suivi médical est essentielle. Prenons soin de notre santé ! », a conclu Clément Ouattara.
Source : AIP
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