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Côte D’Ivoire / L’obligation d’enrôlement à la couverture maladie universelle pour les élèves

Le décret n°2022-753 du 28 septembre 2022, stipule la mise en œuvre de l’obligation d’enrôlement à la Couverture Maladie Universelle (CMU), pour les élèves boursiers et ceux âgés de plus de 16 ans. ils devront présenter la preuve de leur enrôlement au moment de leur inscription. Qu’en pensez-vous?

Avant de rendre obligatoire la couverture maladie universelle pour les élèves boursiers et les élèves de plus de 16 ans, il faut d’abord s’assurer que le système fonctionne correctement. Si oui, on dira que c’est une bonne chose de rendre la CMU obligatoire. Malheureusement, le constat que l’on fait, est que cette carte  ne tient pas  ses  promesses . Et donc pour des enfants qui n’ont pas réellement de revenus, qui n’ont seulement, pour certains, qu’une bourse, je pense que ce n’est pas juste de leur prendre de l’argent pour la CMU. Rendre la CMU obligatoire peut constituer une difficulté pour l’accès à l’éducation

Mme Aïssata BENGALY
Directrice Générale Adjointe JD ÉDITONS

Me prononçant  sur le fait que le Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation ait rendu obligatoire la Couverture Maladie Universelle pour tous les élèves boursiers de la classe de 6e et les élèves de plus de 16 ans, je trouve que c’est une très bonne initiative du ministère.

Vous savez, les problèmes de santé des enfants, c’est une priorité pour les parents. Aujourd’hui, l’État veut faire de ce système de CMU, un programme national qui permettra à tout le monde d’avoir accès à des soins à moindre coût. Mais vous savez également qu’en Afrique, surtout en Côte d’Ivoire, les gens sont assez négligents.

Il fallait trouver des moyens de pression pour amener tout le monde à adhérer à ce programme important qui va faciliter un tant soit peu la vie des Ivoiriens. Je dirai également que c’est un très grand pas pour l’école ivoirienne, et même pour l’État de Côte d’Ivoire. Bien évidemment, les parents, en voyant l’engouement des élèves concernés, vont assurer l’enrôlement de leurs autres enfants, car on a besoin de cette carte pour les concours et autres documents administratifs. C’est donc une très bonne idée.

Les Ivoiriens seront amenés à se faire enrôler en grand nombre. L’avenir du pays, ce sont les enfants, les élèves. Il faut qu’ils soient assurés et qu’on puisse les soigner convenablement. L’initiative est à saluer. Je souhaite que dans d’autres secteurs, on mette cette pression qui fait grincer des dents, mais progressivement, tout le monde verra le bien-fondé de  la CMU  et on se rendra compte que c’est pour notre propre bien. En plus, cela ne coûte pas grand-chose; juste 12 000 francs par an, c’est accessible.

Je souligne que c’est ce même système qui se pratique en Europe. Les cartes sont parfois délivrées le même jour. C’est à saluer. J’invite tous les parents d’élèves qui hésitent encore à faire enrôler leur enfant afin qu’ils puissent s’inscrire pour la rentrée scolaire prochaine. Bonne rentrée scolaire à tous les élèves et à tous les acteurs du système éducatif.

BAKAYOKO Moussa
Entrepreneur, chef d’entreprise, Directeur Général de Radio Amitié et de ING Communication

 

Nous avons fait l’enrôlement à la CMU. Mais les cartes tardent à sortir et nous ne savons même pas à quel moment nous les aurons. Aussi, debourser de l’argent chaque fin de mois, c’est un budget pour les parents qui n’ont pas assez de moyens. Notre constat est que la CMU est obligatoire, mais elle n’est pas acceptée dans les centres de santé. Je pense qu’on ne devrait pas rendre obligatoire l’enrôlement à la CMU, on devrait nous laisser le libre choix.

 

 

Diane Korandji
Commerçante

 

Il est utile de faire observer que la problématique de l’assurance-maladie en Côte d’Ivoire, comme dans bon nombre  de pays du continent africain, est et demeure cruciale. Avant l’avènement de la Couverture Maladie universelle (CMU), seule une partie non considérable (10 %) de nos populations avait une couverture maladie donnant droit à des soins de santé de qualité.

Il s’agit pour l’essentiel, des fonctionnaires et agents de l’État et certains salariés du secteur privé, avec les membres de leur famille. C’est en cela que la Couverture Maladie universelle (CMU) constitue un projet majeur du gouvernement ivoirien. Si la loi qui l’institue date de 2014, c’est véritablement en 2019 que la CMU rentre en vigueur en termes de produit accessible. Ce retard de démarrage s’explique en grande partie par une appréhension quelque peu approximative du projet.

Comme sa dénomination le laisse entendre, la CMU a vocation de couvrir tous les habitants du pays sans exception. Elle concerne de ce fait aussi bien les citoyens ivoiriens que toutes les personnes venues d’horizons divers, vivant dans notre pays. Que les enfants et jeunes soient concernés par la CMU est dans l’ordre normal des choses. L’État est dans son rôle d’user de «stratégies» à l’effet de motiver l’ensemble des populations à adhérer à cette couverture maladie.

C’est connu, plus le nombre des adhérents est elévé, plus le projet est viable. Toutefois, il est vivement souhaitable que les autorités publiques en charge de cette couverture maladie universelle facilitent la vie populations relativement aux procédures d’enrôlement et autres activités connexes. Sous cet angle, il n’est pas bienséant que certains parents soient contraints de sacrifier leur sommeil pour les besoins de cette cause.

À l’air du digital, il appartient au gouvernement, qui a les capacités et les moyens, d’épargner nos populations de véritables parcours herculéens pour l’obtention d’une carte de bénéficiaire. Par ailleurs, les efforts doivent continuer pour un fonctionnement optimal de la CMU dans les centres de santé agréés et l’accès aux médicaments dans les pharmacies.

Nous encourageons les structures en charge de cet important chantier, à faire ce qu’il faut pour rendre opérationnel le système dans l’optique de satisfaire les populations.

 

 

Valentin ZAHUI

Sociologue/ Expert RH Consultant Formateur Senior, Consultant Média

 

Je pense que la CMU est une très belle initiative. L’inconvénient est qu’elle n’est pas vraiment utile. C’est bien de l’insérer dans l’éducation, mais si ça pouvait servir à ce pour quoi c’est établi, cela allait être parfait. C’est-à-dire dans les cliniques, dans les pharmacies. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Pourtant, à la base, c’est pour ce genre d’endroit que c’est établi, mais sur le terrain, c’est autre chose. Le prix est accessible, l’idée est bonne. Cependant, les retours ne sont pas motivants.

Valérie FASSINOU CISSé Entrepreneure, Directrice Générale du groupe Ets NOURA,

spécialiste des travaux d’imprimerie

 

Aujourd’hui, vivre sans assurance est très délicat. Et cela se ressent quand tu tombes malade. Si c’est dans ce cadre que la CMU est là, pour soulager les populations, alors c’est une bonne chose. Mais, le caractère obligatoire au niveau des élèves est à déplorer. Est-ce à dire que les autres enfants qui ne sont pas des élèves ne sont pas concernés ? Comment traiter leur cas ? De plus, il y a des parents qui ont pris des assurances pour leurs enfants et leur famille.

Dans ces conditions, comment traiter leurs enfants en cas de maladie ? Le comble, c’est que certains ont la carte CMU depuis janvier 2023, mais jusque-là, on fait savoir que la carte n’est pas fonctionnelle et pourtant, la prestation est payée, chaque fin de mois. En conclusion, pour rendre la CMU obligatoire, il faudrait que les premiers témoignages de la population parlent bien de cette CMU. Mais apparemment, ce n’est pas le cas. Faisons tous l’effort d’aller dans ce sens.

 

 

KOUASSI Kouadio Pascal

Directeur d’école Sacré Cœur de la mission libanaise d’Adjamé

 

 

Source : JD Éditions Mag et TV

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